Jean Martin Charcot

Jean-Martin Charcot

Il faut remettre les choses dans leurs contextes, quand J.M Charcot découvre l'hypnose en 1878, il est déjà une sommité du monde médical, et son nom résonne bien au-delà de la communauté scientifique. Il compte de nombreux succès et découvertes à son actif dans la neurologie sa spécialité (Sclérose latérale amyotrophique notamment). Celui qu'on surnomme " le César de La Salpetrière " règne en maître sur son service. Il va théoriser le fait que l'hypnose est un état de névrose accessible seulement par les hystériques, théorie réfutée et contestée, mais qui marquera sans doute fortement les esprits et contribuera quelques années plus tard à remettre l'hypnose de côté en France pour de nombreuses années.

Mais comme l'illustre très bien le tableau de Brouillet " une leçon clinique à la

Salpetrière " les " leçons du mardi " de Charcot sont aussi et surtout l'occasion de présenter des somnambules préalablement hypnotisés par ses élèves, à un auditoire composé de médecins, mais également de journalistes, d'acteurs et de " personnalités " (Emile Zola, Guy de Maupassant) qui s'étendent bien au-delà du milieu médical, ce qui fera d'ailleurs l'objet de critique, au sein même des élèves de Charcot, Joseph Babinski écrira :

 

" Charcot eut le tort de faire ses cliniques sur la grande hystérie et sur l'hypnotisme non seulement pour des médecins, mais aussi pour un public non médical, ses leçons attiraient les gens du monde, des acteurs, des littéraires, des magistrats, des journalistes, des hommes politiques et quelques médecins. La présentation des sujets en état de léthargie, de catalepsie, de somnambulisme, de sujets présentant des crises violentes, ressemblaient trop à de la mise en scène théâtrale".

 

Charcot, qui lui-même a découvert l'hypnose lors d'un spectacle, n'aura pas résisté à l'envie de présenter l'hypnose au plus grand nombre, dans ce qui ressemblait étrangement aux soirées de Mesmer, un siècle plus tôt, un peu comme si l'hypnose, de par son côté spectaculaire, était inéluctablement vouée à osciller entre science et spectacle.

Charcot se sera sans doute égaré en renouant quelque part avec la notion de magnétisme, en utilisant des aimants pour induire des transes, mais il serait sans doute très facile plus d'un siècle après de juger un de ceux, qui par son charisme et son rayonnement, aura aussi contribué à sa manière à faire passer l'hypnose dans la postérité.

 

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